Slams de Catherine


Histoire de parloir
(dédié à mes deux garçons)

Je sais que tu m’attends,
Au fond de ta prison
Derrière les murs de sang
De nos deux horizons.
Je marche, je cours, je pleure
Rendez vous à 13 h
Faut même que j’accélère
Si je veux être à l’heure.
Je fonce vers le métro
Où sa bouche m’avale
Une fois dans l’escalier
En trombe je le dévale.
Mes émois me remuent
Et font naître des larmes
Qui me brouillent la vue
Merde ! j’ai loupé ma rame.
Et c’est toujours la même rengaine
J’ai le cœur qui tape à tout péter

Mais c’est lui qui toujours m’entraîne
À Fresnes, Fleury ou la Santé.

Quand je suis dans tes bras
J’ai envie de hurler
Je sens ton cœur qui bat
Près à se décrocher.
Je sens mes émotions
Ricocher sur les murs
Et puis les contusions
Pointer sous ton armure.
Tu m’dis que tout va bien
Je sais qu’tu prends sur toi
Mais la sueur dans tes reins
Elle ne me trompe pas.
Alors j’ravale mes pleurs
Et dégaine un sourire
Je sais que ta douleur
Va me forcer à vivre.
Et c’est toujours la même rengaine
J’ai le cœur qui tape à tout péter

Mais c’est lui qui toujours m’entraîne
À Fresnes, Fleury ou la Santé.

Sur l’chemin du retour
Je marche comme un robot
Je n’vois que les contours
De tes doux derniers mots
Maman j’t’aime plus que tout
Il ne faut pas m’en vouloir
On arrivera au bout
De cet affreux couloir.
Si tu m’tiens pas la main
Je n’pourrais pas survivre
Bien trop long le chemin
Qui mène à l’autre rive
Si la mort rôde parfois
Je n’sais pas l’avenir
Je sais qu’elle s’enfuira
En te voyant sourire.
En te voyant sourire…

Catherine

 

L’épreuve par 9… mètres carrés
Monsieur le surveillant je vous fais cette lettre que vous lirez peut être, si vous avez le temps…

Tu rêvais d’un boulot
De la sécurité d’emploi
De femme et de minots
T’avais pas d’autre choix
On t’a filé des clés
Un costard bleu marine
Des consignes à varier
Et une cagoule en prime
Pour maintenir des hommes
Au fond du désespoir
Broyer les droits de l’homme
Dans des prisons mouroirs
Moi j’y peux vraiment rien
Mais ces images me hantent
Où on te fait bosser
C’est tout l’enfer de Dante.

Est-ce que traîner un homme
À dix dans un couloir
Pour une fouille à corps
Le jeter au mitard
Ou bien le tabasser
Pour pas qu’il se rebelle
Coups de poings et de pieds
Pour lui briser les ailes
Et puis l’abandonner
À ses terreurs d’enfant
Est-ce que le torturer
Va te rendre plus grand ?

Tes chefs veulent t’obliger
À maintenir la hache
Au d’ssus des condamnés
Tous les bourreaux sont lâches
Mais toi t’es v’nu bosser
Ne rentre pas dans la danse
Toi t’es pas obligé
De leur tenir le manche
Parce que le vrai salut
Pourrait venir de toi
Si t’opposes un refus
Si tu fais d’autres choix
Devoir, pour agir vite
De désobéissance
Laisse donc ton libre arbitre
Libérer ta conscience.

Catherine

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